La Fin – The End

Après mon retour d’Afrique, la vie à Brooklyn avait repris son cours, métro-boulot-disputes-dodo.  Au bureau, j’avais du raconter en long et en large mes aventures africaines à mes collègues americains qui étaient curieux de savoir ce que j’avais bien pu y faire. Bien souvent, c’était des destinations comme le Mexique, les Caraibes ou l’Europe vers lesquelles ils se tournaient. Et moi, j’étais lasse, New York n’avait vraiment aucune saveur comparée a ma belle et trépidante Afrique.

Bien que tonton du bled et moi nous étions laissés en très bons termes avant mon depart, je ne l’avais pas beaucoup revu depuis mon retour à Brooklyn.  Il ne répondait pas à mes coups de fil ou mes SMS ou n’était plus disponible quand on avait prévu de se voir, etc. Je commençais sérieusement à perdre patience. J’ai même cru qu’il me trompait et je comptais bien le traiter de tous les noms la prochaine fois que je l’avais en face de moi si cela s’avérait vrai.

Un jour, alors que j’avais besoin de lui pour une course, je tentai de le joindre  par téléphone en vain. Il ne vivait qu’à quelques pâtés de maison d’ou se trouvait le brownstone où je louais un studio, et je decidai donc de me rendre chez lui directement. Il n’y était pas! J’appelais, j’appelais. Toujours pas de réponse. Je passais de l’inquiétude à la colère. Quand il décrocha enfin plus tard dans la soirée, je n’avais plus une once de patience en moi, ni même de colere. Il était agacé, j’étais désabusée – il allait très bien. Nous nous sommes disputés comme à notre habitude désormais. Ce n’était pas la pire dispute que nous ayons eue mais c’était la dernière, d’ailleurs elle fut très brève. J’ai raccroché et lui ai envoyé un sms: “J’en ai assez, je vais me trouver quelqu’un d’autre”. J’ai écrit ses mots comme guidée par une force extérieure. Une force qui en savait plus que moi sur ce que m’apporterait l’avenir.

Tonton du bled n’a pas répondu.

Le lendemain, j’ai rempli un sac plastique de ses quelques affaires laissées chez moi, et suis allée le deposer au pas de sa porte.

C’était fini, après 1 an et demi d’une relation tulmutueuse. Sans cri, sans larme. Je me sentais légère. Mon voyage en Afrique m’avait clairement ressourcée. Il m’avait permis de me recentrer et d’avoir les idées plus claires finalement. Tonton du bled et moi méritions mieux que la relation que nous avions, c’est le constat que je fais aujourd’hui. Mais à l’epoque, il s’agissait d’une decision purement “egoiste” (même si partagée) et vitale.

Avec du recul, je me rends compte que Tonton du bled était émotionnellement indisponible, il traversait un moment difficile dans sa vie (carrière, enfants, famille etc..).  C’était aussi un artiste, un être libre et moi, seule à New York, j’avais besoin d’une présence et d’un soutien constants qu’il ne pouvait pas m’offrir.

Et voilà, j’étais de nouveau célibataire. Ca ne me faisait pas peur, au contraire, je sentais que j’en avais le plus grand besoin. J’allais penser à moi, prendre du bon temps pour moi, retourner à la salle de sport, sortir et voir du monde, voyager encore plus.

.Brooklynister

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